Erden ERUC, Président de l’organisation à but non lucratif Around-n-Over

Erden ERUC

L’aventurier Erden ERUC est le fondateur et Président de l’organisation à but non lucratif Around-n-Over. Il a relevé de nombreux défis : il a couru maints marathons, parcouru des milliers de km à vélo durant des hivers rigoureux (dont Seattle (état de Washington)-Talkeetna (Alaska)), escaladé les plus hauts sommets de notre planète et gravi les glaciers les plus périlleux… Il a escaladé le sommet du Denali, le point culminant d’Amérique du Nord, en 2003, un des défis qu’il s’est fixé dans le cadre du « Six Summits Projects ». Il a notamment traversé l’Atlantique et le Pacifique à la rame.

Que représente la balise Argos pour vous en quelques mots ?

« La balise Argos évoque pour moi la sécurité. En effet elle permet de faire savoir à tous où je suis et ce de façon fiable. J’ai par exemple trouvé très rassurant lorsque je traversais des océans de voir la lumière rouge de la balise clignoter à chaque fois qu’elle transmettait ma position. Avec chaque clignotement, je savais que quelqu’un connaissait ma position en permanence. Je sentais ainsi que je n’étais finalement pas si seul étant donné que CLS surveillait 24 heures sur 24 ma trajectoire. De nombreuses personnes suivaient mes progrès, et ma famille pouvait évaluer quotidiennement la distance parcourue et vérifier que tout se passait bien pour moi grâce à ce système. »

Quand la demande d’assistance de la balise Argos vous a-t-elle été utile pour la dernière fois ?

« C’est lors de ma traversée du Pacifique en 2007-2008, alors que je tentais de rejoindre à la rame la Papouasie Nouvelle-Guinée depuis la Californie, que j’ai été équipé pour la dernière fois d’une balise Argos. La balise a merveilleusement fonctionné durant la totalité des 312 jours de voyage, chaque balise émettant pendant environ 105 jours avant que les batteries ne s’épuisent.

Je n’ai heureusement jamais eu à déclencher la demande d’assistance, mais une anecdote relative à un problème de transmission mérite d’être racontée. Les balises Argos étaient pourvues d’un interrupteur « assistance », à actionner en cas de problème, que je n’ai jamais eu à déclencher. Le 15 janvier 2008, CLS a reçu de ma balise Argos un signal erroné (fausse alarme). Cela arrive très rarement, lorsque le satellite disparaît à l’horizon. L’équipe de CLS a traité cette alerte de la façon la plus rigoureuse comme un cas d’urgence, et a ainsi averti les gardes-côtes à Hawaii, la société Ocean Rowing et ma femme. Le signal avait été ponctuel, ce n’était pas un signal persistant comme cela aurait été le cas si j’avais déclenché l’interrupteur moi-même, donc tout le monde était inquiet et attendait des nouvelles de moi. Pendant ce temps, ma femme avait essayé de me joindre sur mon téléphone satellite, et m’avait envoyé des emails et des sms. C’est seulement lorsque j’ai vu par hasard son sms que j’ai réalisé qu’il y avait eu une fausse alerte et j’ai alors pu informer tout le monde que j’allais bien. »

Le côté positif de cet incident est que j’ai pu prendre conscience de la vitesse à laquelle CLS pouvait réagir si je me trouvais un jour dans une situation d’urgence réelle. Je dois dire que savoir cela est un confort et une sécurité supplémentaires. Je sais maintenant que quelqu’un viendra à mon secours si j’ai un jour vraiment besoin d’aide. Ma famille pourra dormir sur ses deux oreilles quand je repartirai en expédition ! »

Note de CLS

« J’ai reçu plus tard la note suivante de la part de CLS à Toulouse. Il convient de garder à l’esprit que le système Argos trouve plusieurs applications, notamment de suivi, parmi lesquelles la surveillance des bateaux de pêche ainsi que le suivi des animaux sauvages et des individus comme moi sur terre et en mer.

Note de CLS :
« Nous expliquons ce qui s’est passé par ce que vous avez entendu au sujet des satellites bas sur l’horizon. Il arrive de temps en temps que le tout dernier message reçu par le satellite avant qu’il ne disparaisse à l’horizon entre en conflit avec un message radio en train d’être transmis sur une fréquence proche ou même sur une fréquence identique. Celui d’une autre balise Argos, par exemple. Dans ces cas là, même si nous sommes toujours presque certains que le message est erroné, notre politique est d’informer d’un éventuel message de détresse. Nous pensons qu’il est préférable de donner trop d’information dans les cas où la sécurité humaine est en jeu plutôt que de négliger des appels d’urgence réels. »