Michel HOREAU, directeur de course de la Bouvet Rames Guyane

Michel HOREAU

Michel HOREAU, directeur de course de la Bouvet Rames Guyane. Il a une longue expérience de l’univers de la course océanique. Il a lui-même participé à de nombreuses courses (Withbread, Ostar, Twostar, La Baule/Dakar, Québec/St Malo, Triangle Atlantique…), et a médiatisé maints évènements nautiques parmi lesquels le Vendée Globe, la Route du Rhum, la Transat des Alizés, le Trophée Jules Verne et nombreux exploits comme ceux de Florence ARTHAUD, Bruno PEYRON, Gérard d’ABOVILLE, Jo LE GUEN, Paul VATINE, Laurent BOURGNON, Maud FONTENOY et Peggy BOUCHET.

Que représente la balise Argos pour vous en quelques mots ?

« La balise Argos m’inspire d’abord et avant tout deux qualificatifs : sécurité et capacité de positionnement. C’est en effet un système de sécurité fiable et performant, et un système de positionnement par satellite très précis extrêmement utile puisqu’il a permis de retrouver, secourir et sauver des dizaines de personnes sur toutes les grandes courses depuis trente ans. Dans ma longue vie de coureur, puis d’organisateur d’opérations de courses océaniques, j’ai pu apprécier à maintes reprises la capacité du système Argos à alerter les côtes lorsqu’un skipper se trouvait en situation de détresse. »

Quand la demande d’assistance de la balise Argos vous a-t-elle été utile pour la dernière fois?

« L’aventure Argos a commencé avec Roger ROLLAND dans les années 1980. Il était alors chef des opérations Argos chez CLS. Il a beaucoup travaillé sur les courses au large. Il véhiculait des valeurs d’humanité, de convivialité, mais aussi d’efficacité et de performance, à l’image de CLS.

Depuis, la balise Argos m’a été utile dans de très nombreuses circonstances.

La dernière fois que la balise Argos nous a été d’une grande aide, c’était en 2006, à l’occasion de la première édition de la Bouvet Rames Guyane. A cette époque, quinze bateaux étaient en lice. Chaque bateau avait été équipé de deux balises de positionnement Argos : l’une amarrée à l’extérieur du bateau, et l’autre installée à l’intérieur de celui-ci. Chaque rameur avait également à sa disposition une balise Sarsat qui est dédiée à la sécurité alors que la balise Argos est davantage dédiée au positionnement. Mais la balise Sarsat n’a jamais été activée lors des chavirages qui ont eu lieu pendant la course, probablement parce qu’elle était moins accessible en situation de détresse.

C’est le skipper Emmanuel COINDRE qui a dû déclencher le premier sa balise Argos. Après une dizaine de jours de navigation, et alors même qu’il détenait la tête de la course, son bateau a chaviré non loin des îles du Cap Vert. Les autres organisateurs de la course et moi-même étions à ce moment là au Salon Nautique, et nous avons été très surpris de recevoir un appel du poste de surveillance de CLS nous alertant du déclenchement de la balise d’un des rameurs. Après confirmation de l’information, moins d’une trentaine de minutes plus tard, tout est allé très vite. Nous avons contacté le CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) qui a immédiatement recherché la présence d’un navire, de préférence de pavillon français, dans la zone localisée par le système Argos et qui aurait été susceptible de porter secours au naufragé. Par chance, une frégate de la marine française se trouvait à proximité d’Emmanuel COINDRE et a rapatrié quelques jours plus tard le skipper sain et sauf dans le port militaire de Brest. Le navire a même pu embarquer le bateau d’Emmanuel COINDRE sur son pont.

La balise Argos nous a aussi beaucoup servi quelques jours à peine après le premier chavirage. Cette fois-ci, c’est le bateau de Jacques DJEDDI qui a chaviré au large des côtes brésiliennes. Le skipper a donc activé sa balise Argos, et nous avons à nouveau été alertés du chavirage très rapidement. Le coureur possédait de plus une VHF avec laquelle il a tenté d’établir une liaison avec la côte. A notre immense surprise, quelqu’un a capté son appel pourtant émis en français et y a répondu en français. Un navire de la marine française qui se trouvait près des côtes de la Guyane en mission de surveillance de la pêche à la crevette s’est ensuite porté au secours de l’infortuné rameur. Quant au bateau, nous l’avions laissé dériver avec la deuxième balise Argos afin de continuer à pouvoir le localiser et le récupérer par la suite. La balise s’est malheureusement décrochée pendant la nuit et nous avons perdu la position du bateau. Ce dernier a tout de même pu être retrouvé quelques jours plus tard car des courants l’avaient entraîné vers la ligne d’arrivée. »

En savoir plus sur la Bouvet Rames Guyane (PDF)